Découvrir la superbe nature de Danyang, Corée du Sud

Il était une fois, dans un petit village de Corée du Sud près du fleuve Namhan, un couple qui s’aimait, profondément et sincèrement, mais ne pouvait pas avoir d’enfant. Ils décidèrent alors de trouver une femme, qui, devenue la maîtresse de l’époux, pourrait porter l’enfant. Mais une fois le bébé né, l’amante se prit de haine pour l’épouse et la tyrannisa. Les cieux, observant ces passions humaines, décidèrent de les changer en pierre au beau milieu du fleuve.

Ou alors, pour les moins idéalistes, peut-être était-ce plutôt : il était une fois un couple qui ne pouvait pas avoir d’enfant. Le mari, voulant absolument assurer sa descendance, prit une concubine qui ne tarda pas à tomber enceinte. L’épouse, en colère, se détourna de son mari. Et tous furent transformés en pierre par les dieux.

Aujourd’hui, non loin de la ville de Danyang en Corée du Sud, trois rochers à l’origine de cette légende digne des Métamorphoses d’Ovide s’élèvent des flots tranquilles du fleuve Namhan : au centre, le plus imposant est appelé Janggunbong (Rocher du Mari), à gauche de celui-ci, Il y a Cheopbong (Rocher de la Maîtresse), et celui qui s’écarte à droite est Cheobong (Rocher de la femme).

Ce superbe site, Dodamsambong, fait partie des “huit merveilles scéniques” de Danyang, située à 2 heures et quelques de Séoul, au centre de la Corée. A voir de jour comme de nuit, il pèche cependant par un petit bémol : comme souvent en Corée, l’architecture environnante dessert la nature. L’envers du décors sur les jolies photos de Dombamsambong cache un parking en béton et des bâtiments bruyants, assez laids, avec cafés, restaurant et supérettes.

danyang

Si la ville de Danyang en soi manque de charme, elle a encore su préserver la nature abondante et verdoyante de ses vallées et de son fleuve, celui-là même qui traverse Séoul (le Han ; Namhan : Han du sud). Peut-être grâce à son relief très montagneux, Danyang semble avoir gardé une certaine tranquillité de vie. En longeant le cours du fleuve, nous apercevons des hommes faisant la sieste sur les matelas de bambou des restaurants au bord de l’eau.

Parmi les 8 attractions officielles de Danyang, il y a Dodamsambong, le temple Guinsa (voir ici), la grotte de Geosu. Formée il y a plus de 4 millions d’années, on y voit toutes sortes de formations calcaires, stalactites, stalagmites, etc. en déambulant dans des couloirs plus ou moins étroits. Environ 1700 mètres de la grotte sont accessibles au public. 

Les falaises de Sainam, d’une hauteur de 50 à 70 mètres, font aussi partie des huit sites à ne pas manquer à Danyang. A leur pied s’étend un cours d’eau claire (Namjocheon) que longe un petit village, rempli de maisons toutes plates, sur un seul étage. De nombreuses auberges à bon prix sont parmi elles, c’est un endroit sympathique où poser ses valises si l’on veut visiter Danyang. Les falaises sont parsemées de vieux pins qui leur donnent un visage très coréen.
Ce site a été nommé d’après un érudit coréen, Yeokdong Utak, sous le règne Goryeo (10e siècle après J.C), qui a gravé un poème sur les roches (la traduction officielle en anglais) :
Something far superior to other things,
indeed matchless, cannot be cast aside.
There is nothing to be afraid of, even standing all alone.
There is nothing to worry about, in this secluded life. 

Danyang voyage Corée du Sud

Il y a aussi les pics Gudambong (“l’étang de la tortue”), haut de 330 mètres, et Oksunbong (qui apparemment ressemble à des pousses de bamboo). Vous pouvez soit y randonner, soit les apercevoir depuis le lac Chungju, en bateau, pour un tour de 50 minutes.

Pour retourner vers Danyang depuis Gudambong, nous décidons de faire du stop, faute de transport public régulier. Une camionnette bleue nous surprend en s’arrêtant près de nous au dernier moment. Le monsieur a du hésiter jusqu’au bout. Ou pas. Il redémarre en trombe et nous regarde avec ses yeux rieurs dans le rétroviseur alors que nous nous cramponnons comme nous pouvons.

Il est agriculteur et possède une ferme bio. Si le bio est effectivement une des tendances à venir, ce n’est encore pas très courant en Corée. “Ce n’est pas facile, nous explique t-il, la demande est encore trop faible et nos prix ne sont pas tout à fait compétitifs si on n’a pas ces préoccupations écologiques. Mais nous tenons bon.”

Il nous invite à dormir dans sa ferme. Dommage que nous devions rentrer à Séoul pour cette fois-ci. Mais très certainement un prochain portrait sur Green Tape on the Walls.

Danyang fourmille d’activités à faire : randonnées, parapente (70 000 won les 20 minutes), baignades, et même descente en luge…

Informations pratiques :

Transport Séoul-Danyang : Bus : Terminal des bus Dong (동서울종합터미널, station de métro Ganbyeon, sur la ligne 2); Terminal des bus interurbains de Danyang (premier bus à 06h59 / dernier bus à 18h00, durée trajet environ 2h30)

Où dormir : Dalian Story, guesthouse dont les principaux atouts sont son emplacement au cœur des montagnes et son tarif raisonnable. L’adresse : 충북 단양군 단양읍 천동 1길 17, il y a un bus pour y accéder, mais c’est aussi facile d’accès en taxi.

Pension Bearland : jolie pension, moins isolée mais tout de même bien située. Un peu plus chère, à 45 000  won la nuit (avec cuisine, toilettes privatifs). L’adresse : 395-801 충북 단양군 단양읍 천동리 143번지