Les montagnes de Séoul

Inwangsan est un massif de 338 mètres depuis lequel on peut avoir une vue prenante de Séoul, notamment de la Maison Bleue (où réside le Président), dont il est interdit de prendre des photos.

Réputée pour être un centre chamanique, Inwangsan est connue pour le village chamanique, le temple bouddhiste Seonam-sa et le sanctuaire Guksa-Dang (qui a été complètement refait après avoir été détruit par les Japonais, et abrite l’esprit du roi Teajon, fondateur de la dynastie Joseon. Celle-ci est particulièrement importante car elle a modelé la société coréenne telle qu’elle est aujourd’hui pendant 5 siècles, jusqu’à la fin du 19e).  Le paysage est formé d’énormes surfaces rocheuses, sacrées sur le site chamanique Seon-Bawi, où vous aurez peut-être l’étrange vision d’un homme balayant patiemment, comme s’il s’attaquait à la montagne entière. Plus haut, on peut suivre les anciens remparts de la forteresse construite pour protéger la ville des invasions japonaises au 17e siècle. En haut d’Inwangsan, on peut profiter d’une vue magnifique sur Séoul, en passant devant Seonbawi, le “rocher zen” en coréen, à la forme assez étrange, dont on dit qu’elle ressemble à un moine. Ce rocher est un lieu de recueillement, devant lequel les Coréens viennent prier, en particulier les femmes. Il aurait la vertu particulière de donner des fils aux femmes enceintes. Pour continuer la randonnée d’Inwangsan, prenez à droite après Seon-Bawi et commencez l’ascension.

 

Inwangsan est intéressante par que s’y côtoient bouddhisme et chamanisme, dont les croyances restent encore fermement ancrées dans la société contemporaine. Le chamanisme est la plus ancienne religion de Corée, apparemment importée de Sibérie, mais son influence fut largement réduite par l’arrivée du bouddhisme puis de l’hostile confucianisme, et enfin sous la dynastie Joseon, où le chamanisme fut condamné et relayé au rang des superstitions. L’occupation japonaise s’est chargée d’achever la tendance, en réprimant sévèrement ces croyances.
Aujourd’hui, le chamanisme est marqué par la honte, et les Coréens n’y ont recours que dans le secret. A la fois sujet de mépris et objet d’un étonnant regain d’intérêt, le chamanisme a un statut très intéressant au sein de la culture coréenne. Les chamanes et diseurs d’aventure sont présents partout dans la ville. On les consulte pour les décisions importantes de sa vie, souvent en secret. Les hautes sphères de la société n’échappent pas à ces superstitions, comme les présidents des grands conglomérats coréens (voir cette tribune dans le NY Times). On raconte que Lee Byung Chull, fondateur de Samsung, consultait un chamane avant de prendre des décisions majeures.

Chamanisme Inwangsan

Le chamanisme a beaucoup évolué, sous l’influence du bouddhisme notamment, et de nombreuses pratiques ont été abandonnées, tels les sacrifices, humains ou animaux. Il s’organise autour de la chamane, dite mudang, qui communique avec les esprits et peut ainsi assurer le lien avec les humains. La chamane -généralement une femme- a deux pouvoirs en particulier, de prédiction et de guérison. Le chamanisme coréen a ceci de particulier que la mudang entre en transe au cours de rituels nommés kut, pendant lesquels elle est possédée par un ou plusieurs esprits, appelés à la requête d’un client. Ces kuts ont souvent lieu la nuit, dans des endroits reculés, pour une connexion plus propice dit-on aussi. Ils comportent de la danse, des chants et musiques. Plusieurs types d’esprit peuvent être convoqués : de la nature, des ancêtres ou même des personnalités de renom, éventuellement. Ces rites peuvent répondre à différents buts : la prospérité du village, la fertilité, apaiser un esprit en colère ou errant,…

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Informations pratiques :
Pour accéder au sommet d’Inwangsan, deux parcours sont possibles : le route par le temple Seonamjeong ou celle par la montagne.
– Pour la route du temple, métro Dongmimun, sortie 2, tournez à gauche, passer les boutiques et le centre médical, tournez à droite pour arriver aux escaliers assez escarpés et étroits. Montez et passez le temple.
– Pour le chemin par la montagne, métro Gyeongbokgung (ligne 3), suivre les indication vers le parc Sajik. Demandez sur votre chemin pour assurer que vous êtes sur la bonne route, on s’y perd un peu !